07 mars 2007
Création d'une planche de BD
Etape
n°1 : le scénario
Il
s’agit de la base qui me servira à créer ma planche, sans lui pas de planche !
Comme vous pouvez le voir, Anton ne me donne que très peu d’indications ce qui
me donne une totale liberté de création. (Note du scénariste : toute façon, si
on lui en met trop, il se perd).
Etape
n°2 : Le story-board
Avant de commencer une planche, je fais toujours un story-board qui va me donner une vision globale de l’agencement des cases et du positionnement des personnages et du décor dans chacune d’elles.
Etape
n°3 : le crayonné
Le crayonné servira de base à mon encrage. Il s’agit du story-board amélioré où j’essaie de dessiner correctement et proprement…j’ai bien dit, j’essaie.
Etape
n°4 : le bleu
Après
avoir fini crayonné de la planche, je le scanne et le passe en bleu. Ce bleu
servira de base à mon encrage.
Etape n°5 : l’encrage
Cette
étape va me permettre de finaliser ma planche. Je repasse mon bleu au feutre
noir pour corriger les petites erreurs du crayonné et rendre le trait plus
fluide.
(Note
du scénariste : C'est sur cette étape où il fait des taches)
Etape
n°6 : la couleur
Après
avoir fini l’encrage, je scanne ma planche en noir et blanc (et Ô magie, le
bleu ne ressort pas, il ne me reste plus que mon joli encrage !), je nettoie
les dernières impuretés et je l’envoie à Kaori qui magnifiera la planche par
ses couleurs !
Le
matériel : voilà une petite liste du matériel que j’utilise pour dessiner
- une
gomme blanche
- des feutres
noirs fins (tailles : 0.05, 0.1, 0.3, 0.5)
- du
blanc
- un
feutre noir épais
- des
portes mines fins (tailles : 0.5 et 0.35)
- un
pinceau
-
papier canson au format A3
(Il a
oublié de préciser les 24 jours nécessaires pour faire une case)
24 février 2007
Création d'un scénario
Pas d'images pour cette note puisqu'on va rester uniquement sur le boulot du scénariste.
Au début, il ne faut pas grand chose : un scénariste équipé d'un cerveau et puis c'est tout. Bien souvent, pour les gags de Monstrosia, je n'arrive pas à me "forcer" pour les avancer, les idées me viennent plutôt comme ça, sans chercher à les provoquer. Bien souvent, elles m'arrivent quand je conduis (je devrais me faire payer mes déplacements en frais professionnels) ou quand je suis pas loin de m'endormir (idéal pour vous faire rater votre phase de sommeil ça car il faut se lever et la noter).
Donc, au début, l'idée arrive, sans crier gare. Dans l'exemple qui va suivre, c'est le côté Poupée de Chucky qui me donne une idée : la poupée pour une petite fille. De là, je commence à construire le récit, toujours dans ma tête et quand il commence à prendre forme, je le résume succintement sur papier (une fois la voiture à l'arrêt !) : "Chucky poupée => Peluche de la petite Dracula".
A partir de ce moment, je peux commencer le découpage dès que j'ai du temps devant moi. Dans le cadre de gags, je passe directement de l'idée au découpage. Travaillant en parallèle sur un projet d'album réaliste, assez sombre, je souligne cette façon de faire car radicalement différente de celle de mon autre projet (qui consiste à bâtir un récit plus complet avant d'entamer la phase du découpage et qui nécessite davantage d'écrit).
Voici ce que donne le découpage de ce gag :
"Gag en une planche" => Le format souhaité
"Chucky Poupée " => Titre provisoire, juste pour nous repérer
"Case 1" => Numérotation des cases
"Chucky regarde tranquillement la télé dans son fauteuil, en sirotant une bière. Intérieur typiquement bourgeois (sauf que les couteaux de cuisine sont très longs, que les verres sont des crânes,...)" => On fixe la scène
"Case 2 - Le téléphone sonne, Chucky se lève en râlant."
"Case 3 - Chucky décroche : "Allo, oui ?" "
"Case 4 - Dracula au bout du fil : "Oui Chucky, c'est moi Dracula. Je t'appelais pour savoir si tu pouvais me rendre un service comme l'autre fois ?" "
Je m'arrête là pour l'exemple mais constatez que le découpage peut sembler incomplet. Dans une BD, j'apprécie que le dessinateur apporte sa touche personnelle au récit et je ne crée pas trop de barrières à ce sujet. Quand je veux quelque chose de précis, je l'indique, pour le reste, je laisse une totale liberté. Il arrive même qu'Adrien change une case ou deux pour gagner en lisibilité et en rythme.
Là encore, il y a une différence pour moi niveau traitement entre une BD d'humour et une BD plus réaliste, le découpage est dans ce dernier cas beaucoup plus détaillé. Cette différence vient du fait que je considère que l'humour doit passer par le côté visuel avant tout et qu'une ligne directrice trop rigide scénaristiquement bride la créativité du dessinateur.
Une fois cette étape passée, c'est au dessinateur de travailler, ma dernière contribution consistera à valider ou non le crayonné ou à apporter les retouches nécessaires.
23 novembre 2006
Présentation d'un dossier chez les éditeurs - Part I
Encore plus fort que M6 ! Encore plus utile que les psys de TF1 ! Toujours plus mieux que le reste ! Voici la BD-Réalité !!!
Voilà, le côté racoleur a été fait, passons maintenant aux choses sérieuses. Monstrosia a pour but d'être édité et nous rendre riches, célèbres et adulés permettre d'assouvir notre passion de la Bande Dessinée. Mais pour cela, il faut déjà trouver un éditeur... ce qui ne sera pas le plus aisé (sauf si on s'appelle M. Dupuis).
Ce suivi de nos démarches en temps et en heure sera, je l'espère, profitable aussi pour ceux qui souhaitent se lancer dans la BD et profiter ainsi de notre expérience. Cet article aura donc bien évidemment des suites, établies en fonction de notre avancée.
Avant de se lancer dans les dossiers de présentation, rien ne vaut les conseils de professionnels pour savoir ce qu'il faut faire et ne pas faire. Dans notre cas, nous pouvons dire un grand merci à Erroc (les Profs - Bamboo) qui nous a expliqué des choses assez intéressantes et confirmées par quelques recherches Internet. Mais qui dit conseils dit aussi conseils ciblés. Il est inutile de connaître les rouages éditoriaux de l'Association si vous souhaitez présenter un projet de BD d'humour. Il est nécessaire de connaître les éditeurs visés car tous n'ont pas les mêmes méthodes et les mêmes attentes.
Et oui ! Cette étape de cibler ses éditeurs est très importante. Tous n'ont pas la même ligne éditoriale et envoyer des dossiers chez tout le monde risque de vous faire perdre du temps et de l'argent. Regardez au préalable ce que font ces éditeurs pour voir lesquels seraient les plus intéressés par votre projet. Une fois cette chose faite, il est temps de voir comment on présente un dossier. Pour cela, on dit merci à notre ami Google qui nous offre un vaste choix. Quitte à n'en retenir que quelques uns, voici des liens utiles :
www.editions-delcourt.fr/internal/dossierbd/ : Synthétique mais permettant de connaître les attentes de chez Delcourt
www.glenatbd.com/pageshtm/32contac/projets.htm : Le même que Delcourt mais version Glénat
www.spoogue.org/publier-editer-BD/01-publier-bd-spoogue.html : Très complet et fait par des auteurs ayant vécu cette démarche
N'oublions pas une chose. Un scénariste seul risque bien souvent de ne pas intéresser un éditeur (trop long à lire), il est vivement recommandé qu'il trouve d'abord un dessinateur avant de se lancer dans l'aventure.
De notre côté, la trame du dossier de présentation a été établie. Notre prochaine étape sera de faire conjointement les planches de présentation et les textes du dossier. La suite au prochain épisode...
29 septembre 2006
Coloriste - La colorisation d'un portrait
Pour ce W.I.P., je vais prendre un des futurs portraits : Chucky ! Attention, ça risque d'être un peu technique.
1- Pour commencer, j'ouvre le fichier sous Photoshop.
Pas besoin de nettoyer ou de contraster le niveau de gris car l'illustration est déjà propre.
2- Je met l'illustration de Chucky en calque n°1 que je nomme Contour et je le passe en mode de fusion "Produit" pour le rendre transparent et pouvoir peindre en dessous.
3- Je crée un 2ème calque en dessous pour faire le fond.
4 - Sur le calque fond, j'applique un dégradé radial (en rond)
,
du blanc vers le bleu.
Voici ce que donne un petit dégradé radial (image 1) et un gros dégradé radial, celui que j'utilise ici (photo 2) :
1
2
5- Je crée un nouveau calque : Maison
Je sélectionne le décor et j'applique un dégradé linéaire du jaune vers le marron (image 1).
Je met le calque en mode de fusion : "Lumière tamisée" (image 2) et voila ce que l'on obtient (image 3) :
1
2
6- Nouveau calque : Sol que je remplis d'un marron pour faire la terre.
Je double-clique sur le calque et je rentre dans les propriétés "Style de calque" (image 1)
Je choisis le style "Incrustation en dégradé" (noir et blanc), j'oriente la lumière pour faire une ombre portée et je passe le style en produit (image 2).
1
2
7- Nouveau calque : Lune. Style de calque : Lueur externe (image 1)
Avec la lueur externe, je crée un halo de lumière autour de la lune (image 2).
1
2
8- Création d'un dossier pour les calques de Chucky
Nouveau calque : Pull
Nouveau calque : Salopette
Nouveau calque : Cheveux
Nouveau calque : Chaussures
Nouveau calque : Yeux + dents
Nouveau calque : Peau

9- Je reviens sur le pull et je trace les lignes (image 1).
Pour ne pas devoir gommer ce qui dépasse, je groupe le calque Lignes au calque Pull (ctrl+g) (image 2)
Le résultat sur la troisième image.
10- Nouveau calque : Cicatrice
Un peu de rouge que j'estompe avec le doigt
11- Création d'un masque de réglage pour faire les ombres
A- Je sélectionne avec le lasso les zones qui seront dans l'ombre (image 1) (ici je n'ai fait que l'oreille pour vous montrer)
B- Puis j'active mon masque (shift + q) (image 2). J'obtiens un masque rouge sur toute la page sauf l'endroit sélectionné auparavant avec le lasso.
C- à cette étape, j'appuie de nouveau sur shift+q et j'obtiens la même chose que sur la première image au dessus sauf que maintenant j'ai activé un masque.
D- Maintenant, je peux créer le masque luminosité/contraste en cliquant sur l'espèce de petit ying-yang (image 1). En jouant sur la luminosité, je peux créer une ombre forte ou une ombre plus douce (image 2). Le résultat visible sur la troisième image.
2
3
Le travail sur masque se fait en niveau de gris, plus c'est blanc plus c'est ombré, plus c'est noir moins c'est ombré.
12 - Même procédé, je crée un masque pour la lumière sur Chucky.

13 - Pour finir, j'ajuste les couleurs avec un calque de réglage en cliquant sur le petit ying-yang, j'utilise soit la correction sélective, soit la balance de couleur.
Ici, j'ai pris la balance de couleur.
Et voilà, c'est fini... Il ne reste plus qu'au scénariste à faire une petite biographie.
23 septembre 2006
Dessinateur - La création d'un personnage (Dracula)
Après le scénariste, c'est moi qui m'y colle!
La création d'un personnage est quelque chose de crucial pour la BD. Pour le scénariste, comme le disait Anton, ce qui est le plus dur, c'est d'avoir un personnage stable, et bien pour le dessinateur le plus dur est d'avoir un personnage qui plaise au lecteur et qui soit facilement identifiable. Voilà maintenant en exclusivité mondiale ma technique pour créer un personnage, tadadaaaam!
N'étant pas un grand fan de tout ce qui touche à l'horreur et au gore (et oui je suis une âme sensible^^) ma vision d'un personnage fantastique (ici je prendrais comme exemple Dracula) est souvent floue. Mais heureusement mes amis Anton et un certain moteur de recherches que je ne nommerai pas sont là pour m'aider. Lorsque je reçois une description du personnage par Anton, j'essaie de me faire une idée de ce qu'il demande précisement, ensuite je me documente sur Internet pour voir à quoi ressemble réellement le personnage. Une fois que je me suis bien imprégné de celui-ci je commence à faire mes premières recherches. Pour le personnage de Dracula je me suis surtout basé sur des photos de Christopher Lee.
Finalement, je me suis retrouvé avec cinq versions différentes de Dracula. Le choix n'a pas été facile, mais j'ai opté en définitive pour la version avec gros pif^^.
Après avoir choisi le style du perso, je le dessine dans différentes positions puis je fais une illustration pour la présentation du personnage. Je montre ensuite le résultat final à Anton qui valide ou non le personnage.
Une fois que celui-ci est validé, il ne nous reste plus qu'à le faire vivre dans nos planches !
21 septembre 2006
Scénariste - La ville et ses recoins
Comme le dessinateur n'avance pas, soi-disant parce qu'il est en fac et qu'il n'a pas de scanner à proximité pour montrer ce qu'il fait, il faut bien remplir un peu ce blog et satisfaire nos 950 000, 15 000, 1000, 500, 10 lecteurs réguliers. Et comme il n'y a que le scénariste qui n'a rien de mieux à faire, je m'y colle.
La ville de Monstrosia n'obéit à aucune logique afin de créer un cadre intemporel, immatériel, imaginaire. Cette ville n'existe sur aucune carte, il est impossible de savoir dans quel pays elle se trouve, ses entrées sont partout et nulle part. La ville, pour ainsi dire, existe là où les êtres humains ont des peurs (autrement dit partout où y'a des hommes).
L'architecture suit aussi ce principe. Il n'y a aucune cohésion entre les bâtiments : une pyramide égyptienne peut tout aussi bien cotoyer un manoir hanté qu'un vieux château anglais, un loch écossais peut tout aussi bien se trouver près d'une haute montagne que d'une jungle inhospitalière. Les créatures sont mélangées, alors mélangeons les bâtiments !
Nous essayons d'humaniser quand même les décors, notamment grâce aux détails. Monstrosia est une ville
comme les autres avec ses boutiques (A la Tête Tranchée, Poisons et Elixirs,...), ses complexes sportifs (terrain d'entraînement aux maniements des griffes, stades,...) et ses services (Banque Monstrale, Agence Nationale Pour l'Ecartèlement,...). Les décors vont donc receler de petits détails à découvrir.
07 septembre 2006
Scénariste - La création d'un personnage
Faut bien qu'il y en ait un qui s'y colle... Remplissons un peu ce blog !
Avant d'avoir un gag fini, il faut déjà commencer par le début, à savoir la création des personnages. Le scénariste (autrement dit moi-même) entame un travail plus ou moins long (d'une seconde à quelques heures).
L'étape de création du personnage est très importante : il faut réussir à créer un héros suffisamment stable pour pouvoir s'inscrire dans la durée. Rien n'est plus destabilisant pour le lecteur qu'un personnage qui a son caractère qui change radicalement pour les besoins d'un récit. Ma manière de procéder est la suivante (il ne s'agit en rien d'une méthode universelle, chacun a la sienne, l'important est de se sentir à l'aise avec) :
1- Trouver déjà le personnage. Pour cela, je fais un petit tour du côté de ma culture générale. J'essaye de me souvenir de films, d'oeuvres littéraires, de mythes, susceptibles de me fournir un monstre ad hoc (et non Haddock car il n'est pas vraiment monstrueux sauf quand il boit). Et là, paf ! L'illumination, j'ai mon personnage ! Pour l'exemple, on va utiliser Chucky, la fameuse poupée psychopathe.
2- Le personnage est trouvé mais maintenant il faut pouvoir s'en servir efficacement. Là encore, il faut faire quelques recherches, la majorité sur Internet mais souvent il faut voir ou revoir le film où il apparaît, lire ou relire le roman ou le conte, bref réussir à avoir une vue globale du modèle. Quels sont ses forces ? Ses faiblesses ? A partir de là, un caractère peut se dessiner. Pour Chucky, le côté poupée est un fabuleux atout. Il permet d'avoir différents runnings gags et permet de mettre en place toute une thématique autour de la poupée. Mais attention de ne pas tomber dans le piège de faire une simple copie de la créature originelle. Si c'est pour faire Chucky le film en BD, cela ne sert à rien. Il ne faut pas hésiter à détruire le personnage de base pour le reconstruire à sa façon (sans dénaturer l'oeuvre originelle).
3- J'écris une courte présentation de la bestiole, je met quelques images (ou liens d'images) dans un document Word et hop, il ne reste plus qu'à mailer cela à Adrien. A lui de faire vivre ce personnage de la façon où lui aussi l'imagine. Il me présente le résultat final et comme nous avons grosso modo la même approche, le personnage de papier me convient.
4- Il ne reste maintenant plus qu'à le mettre en scène... mais ça, c'est une autre histoire.
Work in Progress - Présentation
De l'idée de base au résultat final en couleurs, une planche de BD doit suivre plusieurs étapes. Cette rubrique permettra de les découvrir.
Après la real-TV, voici la real-BD. On n'a pas de budget caméra ni animateurs has been mais on va quand même essayer de vous faire entrer dans les coulisses de la création de Monstrosia.



















