Pas d'images pour cette note puisqu'on va rester uniquement sur le boulot du scénariste.

Au début, il ne faut pas grand chose : un scénariste équipé d'un cerveau et puis c'est tout. Bien souvent, pour les gags de Monstrosia, je n'arrive pas à me "forcer" pour les avancer, les idées me viennent plutôt comme ça, sans chercher à les provoquer. Bien souvent, elles m'arrivent quand je conduis (je devrais me faire payer mes déplacements en frais professionnels) ou quand je suis pas loin de m'endormir (idéal pour vous faire rater votre phase de sommeil ça car il faut se lever et la noter).

Donc, au début, l'idée arrive, sans crier gare. Dans l'exemple qui va suivre, c'est le côté Poupée de Chucky qui me donne une idée : la poupée pour une petite fille. De là, je commence à construire le récit, toujours dans ma tête et quand il commence à prendre forme, je le résume succintement sur papier (une fois la voiture à l'arrêt !) : "Chucky poupée => Peluche de la petite Dracula".

A partir de ce moment, je peux commencer le découpage dès que j'ai du temps devant moi. Dans le cadre de gags, je passe directement de l'idée au découpage. Travaillant en parallèle sur un projet d'album réaliste, assez sombre, je souligne cette façon de faire car radicalement différente de celle de mon autre projet (qui consiste à bâtir un récit plus complet avant d'entamer la phase du découpage et qui nécessite davantage d'écrit).

Voici ce que donne le découpage de ce gag :

"Gag en une planche" => Le format souhaité

"Chucky Poupée " => Titre provisoire, juste pour nous repérer

"Case 1" => Numérotation des cases

"Chucky regarde tranquillement la télé dans son fauteuil, en sirotant une bière. Intérieur typiquement bourgeois (sauf que les couteaux de cuisine sont très longs, que les verres sont des crânes,...)" => On fixe la scène

"Case 2 - Le téléphone sonne, Chucky se lève en râlant."

"Case 3 - Chucky décroche : "Allo, oui ?" "

"Case 4 - Dracula au bout du fil : "Oui Chucky, c'est moi Dracula. Je t'appelais pour savoir si tu pouvais me rendre un service comme l'autre fois ?" "

Je m'arrête là pour l'exemple mais constatez que le découpage peut sembler incomplet. Dans une BD, j'apprécie que le dessinateur apporte sa touche personnelle au récit et je ne crée pas trop de barrières à ce sujet. Quand je veux quelque chose de précis, je l'indique, pour le reste, je laisse une totale liberté. Il arrive même qu'Adrien change une case ou deux pour gagner en lisibilité et en rythme.

Là encore, il y a une différence pour moi niveau traitement entre une BD d'humour et une BD plus réaliste, le découpage est dans ce dernier cas beaucoup plus détaillé. Cette différence vient du fait que je considère que l'humour doit passer par le côté visuel avant tout et qu'une ligne directrice trop rigide scénaristiquement bride la créativité du dessinateur.

Une fois cette étape passée, c'est au dessinateur de travailler, ma dernière contribution consistera à valider ou non le crayonné ou à apporter les retouches nécessaires.